23 septembre 2025 · 5 min de lecture
Le filage en aluminium dans les maisons de Montréal
Filage en aluminium dans les maisons montréalaises des années 60 et 70. Pourquoi les connexions lâchent, ce que les assureurs refusent, et comment corriger.
Si votre maison a été construite entre le milieu des années 60 et la fin des années 70, il y a de bonnes chances que le filage derrière vos murs soit en aluminium plutôt qu’en cuivre. C’était la norme pendant les années où Montréal bâtissait des quartiers entiers : les bungalows de Saint-Laurent, les duplex de Côte Saint-Luc et de NDG, les maisons familiales de l’Ouest-de-l’Île. La plupart des propriétaires l’apprennent d’une de deux façons. Un inspecteur en bâtiment le signale au moment d’une vente, ou le renouvellement d’assurance arrive avec une question qui n’y était pas avant : est-ce que la maison a du filage en aluminium?
Septembre est le bon mois pour prendre la question au sérieux. Les premières nuits fraîches ramènent les plinthes chauffantes, et des circuits qui ont dormi tout l’été recommencent à transporter du courant pour vrai. Si une connexion s’est desserrée avec les années, c’est maintenant qu’elle commence à chauffer.
Comment l’aluminium s’est retrouvé dans nos murs
Personne n’a coupé les coins ronds. Au milieu des années 60, le prix du cuivre a grimpé en flèche, et les constructeurs de toute l’Amérique du Nord sont passés à l’aluminium pour les circuits de dérivation, c’est-à-dire les petits fils qui relient le panneau électrique aux prises, aux interrupteurs et aux luminaires. C’était conforme au code de l’époque, le courant passait très bien, et l’aluminium est entré dans les constructions neuves pendant une dizaine d’années avant que l’industrie revienne au cuivre.
Une distinction s’impose avant d’aller plus loin. Le gros câble toronné qui alimente votre panneau depuis la rue, l’entrée électrique, est souvent en aluminium lui aussi, et c’est encore normal et accepté aujourd’hui. Ce qui préoccupe dans les maisons plus vieilles, c’est le petit filage à conducteur solide des circuits. Si votre maison date de cette période et n’a jamais été recâblée, c’est de ce filage qu’il faut parler.
Pourquoi les connexions finissent par lâcher
Le fil lui-même n’est pas le problème. Les connexions, oui. Trois propriétés de l’aluminium jouent contre lui à chaque borne à vis de la maison.
Il se dilate et se contracte plus que le cuivre. Chaque fois qu’un circuit chauffe sous la charge puis refroidit, le fil bouge légèrement sous la vis. Le cuivre le fait aussi, mais moins.
Il flue. L’aluminium se déforme lentement sous une pression soutenue. Une connexion bien serrée en 1970 s’est relâchée au fil des décennies. Ce n’est pas la vis qui recule, c’est le métal en dessous qui s’écrase.
Son oxyde ne conduit pas. L’oxyde de cuivre laisse passer le courant raisonnablement bien. L’oxyde d’aluminium est un isolant. Dès qu’une connexion desserrée laisse l’air atteindre le métal, une pellicule résistante se forme exactement là où le courant doit passer.
Mettez les trois ensemble et vous obtenez une spirale lente. Un joint un peu lâche chauffe un peu, la chaleur accélère le desserrement et l’oxydation, la résistance monte, et le joint chauffe encore plus. Au bout du compte, il y a un arc électrique derrière une prise ou un interrupteur, à quelques centimètres de la charpente. Un dernier mode de défaillance mérite d’être nommé : les raccords de rénovation où du cuivre a été joint directement à de l’aluminium. Les métaux différents se corrodent au point de contact, avec le même résultat.
Les signes à prendre au sérieux
Le filage en aluminium s’annonce rarement. Quand il le fait, les signes sont précis :
- un disjoncteur qui saute à répétition sans cause évidente
- des lumières qui clignotent ou faiblissent alors que rien n’a changé sur le circuit
- un grésillement ou un bourdonnement dans une prise ou un interrupteur
- une odeur de plastique chaud près d’un appareil
- des plaques de prises tièdes au toucher, ou décolorées sur les bords
Chacun de ces signes mérite un appel, pas un haussement d’épaules. Si ça sent le brûlé ou si ça grésille, coupez d’abord le circuit au panneau. Le contexte justifie la prudence : Montréal enregistre plus d’incendies que toute autre ville au Québec, près de 75 % surviennent dans des bâtiments résidentiels, et 22 % sont attribués à une défaillance électrique, selon les statistiques d’incendie de la SPQ.
Ce que les assureurs refusent maintenant
Les assureurs lisent les mêmes données d’incendie. Le filage en aluminium figure aujourd’hui sur une courte liste de choses que des assureurs québécois refusent de couvrir, aux côtés des panneaux à fusibles et des circuits sans mise à la terre. Certains déclinent le risque tout net. D’autres n’émettent ou ne renouvellent la police qu’une fois le filage inspecté et corrigé par un électricien licencié, rapport à l’appui.
La question a le don de surgir au pire moment : un avis de renouvellement, ou l’étape du financement à l’achat d’une maison. Ça aide de savoir ce que le refus veut dire au juste. La maison n’est pas inassurable. L’assureur veut que les points de défaillance connus soient ramenés à un standard vérifiable, avec la preuve que le travail a été fait par quelqu’un qui avait le droit de le faire.
À quoi ressemble une correction dans les règles
Il y a deux voies honnêtes, et la bonne dépend de la maison.
Le recâblage complet remplace les circuits en aluminium par du cuivre. C’est le correctif définitif, et le plus invasif. Il prend tout son sens pendant une rénovation majeure, quand les murs sont déjà ouverts.
La correction des connexions est la solution standard pour une maison habitée. Un électricien ouvre chaque prise, chaque interrupteur, chaque boîte de luminaire et chaque terminaison de panneau sur les circuits en aluminium, corrige chaque connexion avec des connecteurs homologués pour l’aluminium, remplace les dispositifs par des modèles cotés CO/ALR, un marquage qui signifie que le dispositif est approuvé pour le cuivre et l’aluminium, puis vérifie le serrage au panneau. Bien fait et bien documenté, c’est le travail que les assureurs acceptent.
Une chose que ce n’est pas : un projet de fin de semaine. Au Québec, les travaux d’électricité doivent légalement être confiés à un entrepreneur licencié, et l’aluminium double la mise, parce qu’un raccord en cuivre bien intentionné, posé avec le mauvais connecteur, crée exactement le joint de métaux mélangés qui finit par lâcher.
Si votre maison date de cette époque, la prochaine étape utile est une évaluation, pas une devinette. Lighthouse Electrique inspecte et corrige le filage en aluminium partout dans le Grand Montréal, avec la documentation que les assureurs demandent. Maître électricien agréé, RBQ 8351-6120-43, depuis 2007. Consultez notre page sur le filage en aluminium, ou composez le (514) 909-3773. Quelqu’un répond, jour et nuit.
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